Ma mère à l’hôpital, une sonde qui passe par son nez pour vider son estomac ou la nourrir; et aussi pour lui éviter, dans son état de grande faiblesse, des vomissements douloureux.

Mon père, durement affecté par l’état de santé de son épouse, qui nous parle de ses angoisses, de son passé et de sa vie commune avec ma mère.

À l’une cette sonde gastrique médicale; à l’autre une oreille attentive. J’ai longtemps cru que l’écoute ne valait que par l’action ou la parole qu’elle alimentait. Ici, que faire, que dire? Rien sinon simplement permettre aux trop-pleins de se déverser et diminuer la souffrance des uns et des autres.

Aux médecins la sonde du corps physique; aux hommes la sonde de l’esprit: l’un et l’autre nous faisant méditer sur l’aphorisme obscur pour moi jusqu’ici: Dieu seul sonde les cœurs.