Vu aujourd’hui avec ma fille un film sur les Dinosaures à la Géode. J’apprends que le soleil fait le tour de la galaxie en 250 millions d’années et que si ce temps était une heure, la terre aurait un âge de 20 jours, les dinosaures auraient vécu 48 minutes et l’humanité… 48 secondes.
J’apprends également qu’en ce temps des dinosaures, les mers et les saisons étaient plus chaudes, les tempêtes plus fréquentes; les arbres à feuilles et les fleurs étaient inexistants. Le portrait tout craché de cet enfer prédit par la climatologie. À tort ou à raison, je ne veux pas rentrer dans cet « allègre » débat. Mais l’idée que notre planète est déjà passée par là change la perspective. Et les intervalles de temps la complètent: des millions d’années d’un côté; peut-être quelques centaines d’années de l’autre si tant est qu’en effet, l’humanité soit responsable des changements climatiques et du réchauffement.
Mais il n’est pas besoin de parler de climat pour observer le même phénomène qui est surtout frénésie; frénésie qui accélère le temps et le raccourcit; frénésie qui rallonge nos vies par les progrès qu’elle génère mais fait passer les jours comme des secondes par le rythme qu’elle nous impose ou par les divertissements qui mangent notre présence consciente ici et maintenant. Frénésie ou ce nom savant d‘hubris qui est démesure.
Les défenseurs de la nature se trompent: ce n’est pas la nature qu’il faut défendre et qui a montré voici longtemps que les crises du climat font partie de son histoire; la nature – à supposer qu’on puisse lui attribuer une personnalité – n’a que faire des espèces qui la composent; d’autres succéderont à celles-ci; ou pas d’ailleurs si la Terre venait à disparaître dans quelque accident galactique. Ce qui est en jeu, c’est notre propre histoire et, plus encore, la finalité que nous donnons à cette histoire. C’est ainsi que la défense du climat prend les choses à rebours; il faut d’abord défendre l’homme et la conception que nous en avons. Et pour ce faire, s’intéresser à nouveau un peu plus à la philosophie et à la morale.