Je circule en ville; soudain je suis bloqué dans un embouteillage. Les autres automobilistes et moi-même attendons patiemment; patiemment d’abord puis, bien vite, avec un peu d’inquiétude mêlée d’irritation. Je découvre bientôt que la cause de la perturbation est un véhicule médical qui dépose une personne handicapée dans une clinique spécialisée. Bien entendu, en pareil cas, impossible de « râler »: nous attendons pour la bonne cause.
Après une dizaine de minutes, nous passons. Je découvre alors que, finalement, il s’en fallait de quelques mètres pour que l’ambulance ne gêne pas la circulation; quelques mètres – moins de dix – à parcourir avec un fauteuil roulant. Et soudain je découvre dans notre pays, pourtant réputé pour ses talents à rouspéter, que ceux qui faisaient la queue étaient dans l’impossibilité à réclamer le passage:
- Dix minutes dans une voiture, ce n’est rien face à une vie affectée par le handicap;
- Un peu d’impatience, ce n’est rien face à la maladie, peut-être la souffrance;
- Être bloqué sur cette route, c’est un minuscule bout de handicap pour comprendre un peu mieux ceux pour qui nous attendions.
Pourtant ce n’est pas la personne handicapée qui nous a fait attendre mais celle – bien valide – qui conduisait l’ambulance. Et en passant près d’elle, alors que je découvrais son visage, quelque chose dans son expression m’a fait penser que l’arrogance de la vertu fait détester la vertu. Et en est le pire ennemi.
Bonsoir Laurent
j’aurai pu écrire à peu près ce même mot, ces mêmes mots
il m’est aussi arriver récemment de klaxonner puis de me rendre compte qu’une
personne âgée ou invalide traversait difficilement
et que même si c’était un valide…
Le rabbin Ouaknine a dit un jour: "les deux pêchers capitaux sont la paresse et
l’impatience"
la paresse est aussi celle parfois de ne plus savoir attendre
ces deux pêchers seraient alors liés
à suivre … patiemment