Le futur a plusieurs visages.

Un visage familier d’abord, le futur immédiat, qui est ressemblant au présent. Cela peut être cet après-midi, demain ou même l’année prochaine selon le sujet. Pour les sciences de la Terre ou l’astronomie, ce futur immédiat se situe dans des milliers d’années ou des centaines de milliers d’années. Pour la météorologie, quelques heures… Ce futur immédiat n’est pas vraiment le futur mais une extrapolation du présent qui n’apporte pas de changements profonds; il se déroule sous nos yeux et seul un « accident » imprévisible peut créer la surprise et changer sa route toute tracée. Nous dirons que ce futur est demain.

A l’opposé, vient le masque du futur lointain: « que sera le monde dans un siècle? », par exemple, est une question à laquelle il est presque impossible de répondre. Non qu’il ne soit possible de tenter des réponses, mais l’incertitude qui pèse sur elles, voile définitivement toute vision de ces lointains temporels. C’est le futur du futur, l’au-delà  de l’au-delà. Il est possible à un curieux de coller son oreille à la porte ou de jeter un regard par le trou de la serrure pour découvrir ce qui se passe dans la pièce d’à côté; mais ce futur est comme une pièce au delà, qui ne serait pas contiguë à celle où nous nous trouvons: seul le temps qui passe pourra un jour baisser le masque de ce visage-là

Enfin, l’après-demain qui est presque comme le futur lointain, impossible à déchiffrer mais dont les germes sont ici et maintenant. Chercher l’après-demain, c’est regarder aujourd’hui, autour de nous, ce qui va grandir et bientôt dépasser ce qui envahit notre vision. L’après-demain est là, déjà, derrière les passions, sous nos yeux pourvu que nous prenions le temps et la peine de le voir, derrière l’outrance d’aujourd’hui, derrière l’évidence des lendemains.